dimanche 1 avril 2018

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                                                                                                                                                                                        0716_0110 [prescriptio]
L’un des côtés vous fera grandir, l’autre vous fera rapetisser... Ho ! dit Pantagruel. Les espaces ouverts sous un ciel menaçant ne me permettent pas de présager de la douce collision d’une récréation de ballons argentés : l’écrin ouvert d’où surgit une nuée de serviteurs en livrée bigarrée, allant et venant entre les cuisines et la jungle. Sarabandes et réjouissances dans les clairières : les hors-d’œuvre pendus aux parois s’y tiennent et ne succombent aux arguments vertigineux du hookah. Lors de la deuxième ballade hésitante dans ce qui n’est encore à mes yeux qu’un dédale, je bute sur une foule de cavaliers sans cavalière ni monture. La mouche sur le visage poudré d’une belle poutre, placée où il faut, m’incite à imaginer son espoir. Beam ! Jack hammer ! Joyce ! Jumping Jack ! Stool ! De grandes mares de champagne, que je contourne, m’aident aux détours parmi un déballage d’outils utiles à l’édification d’une prochaine fonction : nourricier nourrisson. Les chenillettes sont à l’arrêt. À l’intérieur de cette annonciation, je cherche un surplomb avant un déluge & son retrait, avant la révolte des pentes faibles. Pour mieux observer la scène, je déniche et grimpe sur un haut et bel escabeau. La providentielle tribune a pour horizon la couleur du béton frais – son jour, sa nuit – puis le squelette d’un gigantesque noyau de cerise : son jour, sa nuit. Mon goût pour ce qui a du retard vient à l’encontre de ce qui se joue ici : le devoir d’arriver à l’heure. Prématuré ! La pluie commence à tomber. Un escargot noir et un autre rouge s’affrontent sur un damier semblable à une mer en furie, faite d’une foule aux abris. Sous les trombes, il me plairait de n’être que le prénom de l’insecte au narguilé juché sur son amanite essayant de percer tant de brouillard d’une voix traînante et léthargique. Parfois s’isoler, se déshabituer